Il est timbré ce Gogol !

Николай Васильевич Гоголь

(Oui, j’ai osé, que Nico me pardonne.)

Né en 1809, Nicolas Gogol est le troisième enfant d’une fratrie qui en comptera douze. Si peu d’entre eux survivront aux premières années de la vie, lui sera choyé par une mère à la nature religieuse et mystique, soins qui favorisèrent la sensibilité maladive du futur écrivain qui durant toute sa vie devra composer avec une santé nerveuse fragile.

A onze ans, il rentre au lycée. Enfant sauvage, renfermé (il est surnommé par ses camardes « le gnome énigmatique ») à la langue affûtée et acerbe, il présente dès cette époque deux tendances fortes qui marqueront son existence, à savoir une certaine tendance à la mégalomanie (il se sent appelé à délivrer un message pour l’humanité), et un mysticisme maladif.

En 1828, il s’installe à St-Petersbourg où il espère trouver la gloire littéraire. Il se décide a publier Hans Küchelgarten. Mais cette idylle en vers composée dans sa jeunesse est mal accueillie par la critique et Gogol court acheter l’intégralité du tirage qu’il brûle. Désenchanté, il se résout à accepter un petit poste de fonctionnaire (1829). L’année suivante, il se décide tout de même à publier ses nouvelles Les soirées du hameau narrant son Ukraine profonde, cette Provence russe d’alors, et rencontre un véritable succès. Accueilli par les milieux littéraires,c’est à cette époque qu’il rencontre Pouchkine. C’est ce dernier qui fournira à Gogol les sujets à ses deux œuvres majeures que sont Le révizor et Les âmes mortes.

Parallèlement à une intense activité littéraire, il devient en 1831 professeur d’histoire. En dépit d’une culture somme toute moyenne (qui n’empêche pas Gogol de se croire premier historien de la Russie et de l’Ukraine), il se voit proposer en 1834 une chaire d’histoire à l’université de St-Petersbourg. Poste au-dessus de ses compétences et connaissances, il quitte cette fonction l’année suivante.

Désenchanté par cet échec et par les critiques de certaines de ses écrits, il quitte alors la Russie pour de très longs séjours en Europe (18435-1848). Il visite alors l’Allemagne, la Suisse, la France et surtout l’Italie. Gogol travaille notamment durant ces années d’exil sur ses Ames mortes , enfer du quotidien russe, dont il publie le premier livre en 1842. Mais sa santé mentale se dégradant, il ne parviendra jamais à achever les deux autres livres que comportait son projet.

Gogol se croit alors mourant et se laisse submerger par ses tendances au mysticisme. Aux lectures incessantes de la bible succède un pèlerinage en Terre Sainte en 1848. De retour en Russie, il tombe sous l’influence d’un moine fanatique qui l’exhorte à abandonner la littérature. En 1852, huit jours avant sa mort emporté par une fièvre chaude, il brûle quantité de ses écrits. Conséquence de ses doutes intérieurs, ses écrits de fin de vie laissent place à un Gogol plus moralisateur se faisant le chantre de l’orthodoxie, du servage et de l’autocratie.

A bien des égards, ce maître du rire (même si ce rire est parfois triste) que fut Gogol apparaît comme l’un des premiers réalistes d’envergure de la littérature russe. A ces descriptions vivantes teintées de fantastique et de diablerie (Les soirées du hameau) succèdent ses Nouvelles de Petersbourg où l’auteur s’y exprime avec un ton plus sarcastique et satyrique. Le comique de sa plume n’empêche pas de faire de sa nouvelle Le manteau le premier plaidoyer des humiliés. Le Revizor, satire sociale de la haute bourgeoisie, et son œuvre inachevée Les âmes mortes, galerie de portraits acides des types russes, poursuivront ce chemin vers le réalisme. Mais Gogol n’est pas que ce peintre de la réalité amère. Il est aussi ce fabulateur hors pair à l’imagination folle sachant avec malice nous entraîner dans son univers où réalité friable et irréel se côtoient avec brio.

Source: http://www.litteraturerusse.net/biographie/gogol-nicolas.php

Signé: C.

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2 Commentaires

  1. Le nez, le manteau, j’ai beaucoup aimé ces nouvelles, drôle et absurde !

  2. @LaVieCheap Je suis en pleine découverte de cet auteur justement! Mais je ne commence ni par son théâtre, ni par ses nouvelles, mais par « Les âmes mortes » (j’aime mon illogisme). C’est d’après ce que j’ai lu, son « grand roman ». Je vous en dis bientôt des nouvelles ! Pour le moment, il a du mal à prendre la 3ème place de mon petit podium Russe (Tolstoï, Dostoïevski…)

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