Les Faux-Monnayeurs – André GIDE

 EN BREF

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Texte phare du début du XXème siècle (1925), l’oeuvre de Gide nous retrace les itinéraires adolescents d’Edouard, Vincent, Bernard, Olivier, Armand, Georges & Boris. Un récit masculin ? Non. Un récit parsemé de subtilités et d’amours homosexuelles inavouées: troublant de justesse. Par ce texte audacieux et moderne, Gide joue avec les mots et s’amuse à ne nous proposer aucune intrigue. Audacieux et moderne, son style est unique: il nous implique, il nous interpelle, et il nous sert sans détour une analyse presque parfaite de l’âme humaine. L’existence semble être qu’une sentence et le paraître le seul mode de survie possible. Comme le dit Armand: « la vie, mon vieux, n’est qu’une comédie ». Le mensonge est partout et Les Faux-Monnayeurs en est la plus belle illustration: fausse monnaie, faux sentiments, fausses vérités, fausse intrigue… faux roman? L’art du roman, écrivait Aragon, est qu’il sait  parfaitement mentir. N’est-ce pas là le principe même de tout art ? On y passe à travers presque avec ennui, et on s’y laisse séduire.

BREF

Mentez.

PLUMES (/5)

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VERBATIM

« L’analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où je me suis avisé que l’homme éprouve ce qu’il s’imagine éprouver. De là à penser qu’il s’imagine éprouver ce qu’il éprouve… Je le vois bien avec mon amour : entre aimer Laura et m’imaginer que je l’aime – entre m’imaginer que je l’aime moins, et l’aimer moins, quel dieu verrait la différence ? Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire. Et s’il suffit d’imaginer qu’on aime pour aimer, ainsi suffit-il de se dire qu’on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu’on aime – ou pour en détacher quelques cristaux. Mais pour se dire cela ne faut-il pas déjà aimer un peu moins ? »

L’AUTEUR

André Gide (Paul Guillaume André Gide) est un écrivain français né à Paris 6e le 22 novembre 1869 et mort à Paris 7e le19 février 19511. Né dans une famille de la grande bourgeoisie protestante, partageant sa vie entre Paris et la Normandie, André Gide se découvre différent des autres et assume à partir de 1893 son homosexualité lors d’un voyage en Afrique du Nord. Passé par laSuisse pour soigner son état nerveux, il écrit Paludes et, après la mort libératrice de sa mère, épouse sa cousine Madeleine et achève Les Nourritures terrestres, dont le lyrisme est salué par une partie de la critique à sa parution en 1897. (Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gide )

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2 Commentaires

  1. J’ai lu ça quand j’avais dix-sept ans – j’en ai bientôt cinquante-cinq – et ça me donne envie de le relire, merci !

  2. ça ne fait jamais de mal de faire un détour par chez Gide.

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